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VOYAGE PÉDAGOGIQUE DANS LE PAYS DE BRAY (1ère S)

Publié le : 19 avril 2019

CAILLOU [kaju]. n. m. (XIIIème ; chaillo, XIIème, forme manno-picarde ; gaulois °caljavo, rad. °cal– « pierre »). Fragment de pierre, de roches, de petite ou moyenne dimension. Petit Robert, 1986.

         Lorsque l’on parle de voyage scolaire, personne n’imaginerait passer du temps quelque part au fin fond de la Normandie.

Pourtant, c’est ce que nous avons eu la chance de vivre du 28 au 29 mars, inclus, lors de la sortie tant attendue des élèves (et des professeurs !) de 1ère S.

Le voyage de découverte en Normandie, ou « Voyage caillou » pour les  intimes, était une expédition visant à approfondir, comme son titre l’indique, des notions du programme de géologie. Avec une visée pédagogique plus ludique que d’ordinaire, il permet de développer l’esprit d’analyse, la cohésion de groupe, et évidemment l’humour douteux de certaines personnes !

Mais passons… Entrons donc dans le vif du sujet. Notre séjour dans le nord de la France s’est divisé en deux parties :

– Une première journée consacrée à l’étude des sols qui composent le bassin parisien

– Et une seconde, plus axée cette fois-ci sur les agrosystèmes, milieu dédié à l’agriculture, ainsi que les défis que représentent nourrir l’humanité de nos jours.

Afin de partager avec vous notre expérience roc-ambolesque (traumatisés par la géol…), nous allons, dans un premier temps, aborder le sujet de la formation des sols, avant de s’intéresser plus en détail au milieu agricole.

I\ A la découverte de la géol…

Notre premier jour d’excursion : un réveil excessivement matinal, des élèves très peu réactifs, une journée d’apprentissage géologique, du froid… Quel bon mélange pour se fabriquer des souvenirs !

Effectivement ce premier jour a été marqué par la géologie. Ah la géologie ! Un amour sincère de la constitution terrestre. Ce jeudi-là nous nous sommes concentrés sur la croûte continentale. En effet, nous avons essayé de répondre à cette grande question sur les ressources du sol, et rien de mieux que le terrain pour apprendre. Pourquoi avoir choisi le pays de Bray ? Eh bien, c’est la plus grande structure tectonique du bassin parisien, on parle ici de la faille du pays de Bray, où l’on peut observer des sédiments du crétacé inférieur et supérieur.

Lors de cette journée, nous avons effectué 5 différents arrêts dans le but d’étudier ces sédiments et la structure du sol issu de  l’érosion. Ces multiples arrêts nous ont permis de reconstituer, dans leur ensemble, les différentes couches constituant ce bassin sédimentaire. Mais qu’est-ce qu’un bassin sédimentaire ? C’est une dépression de la croûte terrestre qui entraîne l’apparition de matériaux sédimentaires regroupés en volumes importants à un seul endroit, et se transformant ensuite en roches sédimentaires.

De plus, ces pauses nous permettaient de définir la constitution des roches, à l’aide d’expériences ludiques, composées entre autres de loupes, d’acide chlorhydrique qui réagit avec l’ion carbonate caractéristique des roches calcaires … Ces tests nous ont donc permis de classer ces roches, et grâce à leurs différents emplacements, nous les avons replacées à leurs altitudes spécifiques.

Par exemple :

Lors de notre deuxième arrêt qui se trouvait être une carrière nous avons étudié les premières couches de cet empilement ; nous y avons découvert de la craie et du silex, ce qui correspond à à peu près 300 mètres à partir de la surface.

 Lors de notre troisième arrêt nous avons découvert prêt d’une source d’eau, de la marne, qui se trouve être un assemblage entre de la craie et de l’argile d’une épaisseur d’environ 40 mètres.

Lors de notre quatrième arrêt, nous avons observé du sable vert et de l’argile qui se trouve avoir une épaisseur de 80 mètres.

Et enfin lors de notre cinquième arrêt nous nous sommes intéressés au grès, qui a une épaisseur de 100 mètres.

Avant qu’il y ait érosion ces sédiments étaient tous superposés, et cette dernière a provoqué des affleurements, ce qui nous a permis d’étudier ces différentes couches.

Cette excursion nous a aussi permis de comprendre la répartition des pâturages des champs ou encore des villages. En effet les pâturages ont des sous-sols argileux alors que les cultures ont des sous-sols calcaires, ce qui permet une perméabilité plus importante et donc une meilleure pousse des végétaux.

Après cette longue journée, nous nous sommes arrêtés dans un hôtel à proximité de la ferme et des différents lieux que nous avions visité. Cette soirée a été marquée par la convivialité, le rire et les jeux de sociétés, même si cette soirée fut courte nous en garderons de très bons souvenirs.

 II\ Nourrir l’humanité :un défi du XXIème siècle.

Lors de notre deuxième journée en Normandie, nous avons eu la chance d’être accueillis dans la ferme de Gamaches-en-Vexin, en partenariat avec Ludibio, ceci afin de comprendre et d’étudier la biodiversité d’un écosystème et d’un agrosystème.

Dans un premier temps, nous nous sommes rendus sur le terrain, où il nous a été possible d’étudier les caractéristiques des différentes espèces végétales cultivées, tels que :

–        Le Pâturage, lieu de prédilection des vaches qui permet de produire du foin utilisé dans le cadre de l’alimentation des animaux en hiver.

–        Le Blé, dont on récolte les graines (farine, alimentation humaine) ; et qui peut être utilisé pour la fabrication de le paille.

–        Le Lin, qui produit à la fois  des graines comestibles et des fibres t utilisés dans l’industrie du textile.

–        La Betterave, source de sucre naturel. Une fois  transformé pour l’utilisation humaine, les pulpes de betteraves peuvent être récupérées et utilisées comme alimentation animal.

–        Le Colza, qui produit de l’huile et sert pour l’alimentation humaine avec par exemple les tourteaux de colza mais également à l’alimentation animale.

–        Et enfin  la Luzerne, dont le foin sert, à l’instar du foin des pâturages, à l’alimentation animale.

La culture de végétaux repose sur de nombreux mécanismes complexes. En effet, dans la nature, des échanges cycliques de matière et d’énergie s’établissent entre les êtres vivants et leur environnement de manière perpétuelle. La matière organique caractéristique des êtres vivants est constamment « recyclée » sous forme de matière minérale grâce aux « décomposeurs » (lombrics, cloportes, ver de terres…) afin d’être elle-même transformée à son tour en matière organique cette fois-ci par les producteurs primaires (végétaux chlorophylliens). Ce cycle, que l’on peut aisément qualifier « d’équilibré », permet d’assurer la vie dans un écosystème.

La ferme de Gamaches-en-Vexin est une ferme dite de « polyculture ». En effet, l’exploitation des 7 différentes espèces végétales présentes sur le site a pour but final de produire des aliments mais aussi des matières premières pour l’industrie (biocarburants, textiles, entre autre), tout en préservant la qualité des produits et de l’environnement. L’agriculteur doit ainsi concilier rentabilité avec respect de l’environnement, en prenant en compte de nombreux facteurs tels que  le temps, le climat et l’espace disponible.

Après l’étude des cultures, suit celle de la biodiversité des différents écosystèmes se trouvant sur les lieux. Un écosystème représente un ensemble homogène et stable, constitué d’une communauté d’êtres vivants, la biocénose, en échange permanent avec un biotope, le milieu, déterminant les conditions physico-chimiques de celui-ci (climat, matières minérales…). La richesse de ces derniers dépend essentiellement du nombre d’espèces y vivant. Ainsi, la classe, séparée en plusieurs groupes, s’est lancée à la recherche de différentes espèces de végétaux en tout genre dans la forêt ! Un moment de partage agréable qui nous a valu comme récompense un repas bien mérité.

Nous avons également observé les différentes strates qui composaient le sol en milieu forestier. Ce dernier est formé d’une succession de couches appelées « horizons ». Il en existe de différents types :

– À l’affleurement de la terre se trouve généralement ceux à dominante organique comme « l’humus », partie supérieure du sol ou se trouve les feuilles en décomposition (la litière) et de nombreux êtres vivants.

– Et d’autres, situés plus en profondeur, à dominante minérale comme l’argile à silex par exemple.

La structure particulière du sol (agrégats) favorise son aération et sa capacité à retenir l’eau. Il représente donc une ressource essentielle à la vie, permettant le prélèvement nutritif des végétaux par le biais de leurs racines. Cependant, si les ions indispensables à ce dernier sont présents en trop grande quantité, ils peuvent être emportés par la pluie. Ce phénomène appelé « lessivage » peut alors entrainer les ions vers les nappes d’eau souterraines et endommager, par conséquent, l’écosystème concerné.

Enfin, pour clore la journée, nous avons eu la possibilité d’approcher l’élevage de vaches de la ferme. Cela c’est avéré plutôt drôle, notamment quand les animaux s’approchaient de nous et nous léchaient les doigts de leurs langues rugueuses. Pour terminer la visite, l’intervenante nous a montré comment les propriétaires de la ferme faisaient pour s’alimenter en électricité. Nous avons alors finalement compris comment était recyclé le fumier des bovins et les déchets des toilettes sèches disponibles sur les lieux…

III\ Le mot de la fin…

Au cours des dernières années, l’évolution de la population mondiale n’a cessé de croître. On prévoit, en effet, en 2050, plus de 9 milliard de personnes sur Terre. Un problème majeur se pose alors : Comment nourrir l’humanité, sans pour autant endommager notre planète ?

Dès l’après-guerre, les progrès technologiques tels que la mécanisation de l’agriculture, l’utilisation d’engrais et de pesticides notamment, ont permis d’augmenter considérablement la productivité agricole. Cependant, ces nombreuses innovations ont d’importants impactes sur l’environnement. La pollution des sols et des eaux par les pesticides et les engrais représente un problème majeur de nos jours. Ils sont en effet l’une des causes principales de la détérioration de nos sols, mais présentes également des aspects nocifs pour la santé de  l’homme (déformation de nouveau-né, maladie respiratoire…).

Conscients des limites et des impacts environnementaux de l’agriculture intensive, les agronomes et les agriculteurs se lancent alors un défi de taille : celui d’adapter nos techniques agricoles pour continuer à répondre, durablement, aux besoins alimentaires de l’humanité, tout en préservant l’environnement. Il est bon, cependant, de rappeler qu’il est impossible avec toutes ces conditions d’augmenter la productivité actuelle. Un autre défi s’impose alors à nous: celui de faire comprendre aux consommateurs qu’il est à présent nécessaire d’adapter notre alimentation, en réduisant, par exemple, nos consommations de viandes et en évitant tout le gâchis alimentaire engendré par notre société de consommation. Ainsi, nous pourrons continuer à nourrir l’ensemble de l’humanité et peut-être éviter les futurs conflits liés à ce problème.

Toutefois, il est bon de rappeler que de nouvelles techniques sont mises au point chaque année, permettant la gestion durable de notre environnement. Les productions semi-directes, la rotation de culture, l’agriculture de précision, les « smart farm » (fermes connectées) ou encore les mélanges de variété sont des alternatives non négligeables à l’heure actuelle.

Pour conclure, ce voyage nous a permis d’approfondir et de découvrir des notions de notre programme mais surtout l’origine et la gestion de nos ressources qu’elles soient alimentaires, avec l’agriculture, ou encore géologiques, avec une gestion des différents types de sols et des contraintes liées aux nutriments. Mais surtout cette sortie nous a aidés à créer de nouveaux souvenirs, que ce soit dans le bus avec des karaokés improvisés, ou encore sur le terrain avec des manipulations de roches… 

Tout cela pour vous dire que nous avons hâte de recommencer.

Nous tenions à remercier sincèrement toute l’équipe pédagogique qui nous a permis de participer à ce voyage ainsi que les nombreux intervenants associés. Cette aventure, bien que trop courte à notre gout, fut réellement très enrichissante. Nous garderons tous de beaux souvenirs de ce périple « caillou » !

Article rédigé par FRUGIER Lucile, LOUIS Maël et LUCHE Marion, avec l’aide de TANN Logan pour les corrections apportées.